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Paul Weiss

Paul Weiss (1896-1961)

oeuvre de Paul Weiss Paul Weiss est né le 11 mars 1896 à Strasbourg. Il avait à peine six ans lorsque ses parents vinrent s'établir à Bischwiller, en 1902. Son père entre comme serrurier à la Société Alsacienne de Filature et Tissage de Jute. En 1910, après sa scolarité, le jeune Paul fut engagé comme apprenti dessinateur et retoucheur à l'imprimerie Manias à Strasbourg. Il s'occupait des reproductions photographiques des tableaux des Musées de Strasbourg. Son temps libre était déjà consacré à la passion du dessin.

Après la Première Guerre mondiale, il présenta ses premiers dessins dans les vitrines de la librairie Bertrand, à Bischwiller, et se lia d'amitié avec le jeune peintre Philippe Steinmetz.

oeuvre de Paul Weiss  En 1919, il obtint une bourse comme élève à l'Académie Julian à Paris, grâce à l'intervention du peintre Gustave Stoskopf. Il suivit ainsi les cours de Henri Royer et Adolphe Dechenaud et fut l'élève de Louis Roger à l'Ecole des Beaux-Arts. Son séjour à Paris fut pour lui une révélation.

En compagnie de son ami Steinmetz, qui l'avait rejoint, il visita les musées d'art de la capitale et découvrit les grands maîtres classiques et impressionnistes. De retour à Bischwiller, il épousa, le 29 septembre 1921, Marguerite Fischer. Le couple exploita, durant de longues années, jusqu'en 1952, le restaurant "A la Couronne".

 oeuvre de Paul Weiss
Après son retour au pays, Paul Weiss continua d'exposer ses œuvres à Paris, au Salon des artistes français, au Salon des Indépendants et au Salon du Figaro (1931). A Nancy, il fut un fidèle de la galerie Thiébault. En Alsace il révéla ses talents d'illustrateur, agrémentant l'œuvre de René d'Alsace, Alsace mon beau pays, de 26 dessins hors texte et celui de Claude Odilée, En passant par l'Alsace, de 12 bois gravés.

A partir de 1936, Paul Weiss s'orienta davantage vers la peinture à l'huile. Ses tableaux furent appréciés par les critiques lors d'expositions individuelles, avec le groupe des bas-rhinois en 1936, 1946, 1947 et la Maison d'art alsacien chaque année au printemps, de 1952 à 1961.

Il fit partie du groupe d'artistes qui se retrouvaient à Neuwiller, chaque été. Parmi eux il y avait ses amis Steinmetz, Werlé, Thomas, Krebs et Gachot. Il devint membre de l'AIDA Les Artistes Indépendants d'Alsace et de l'Académie d'Alsace.

En 1957, la société Arts Sciences Lettres de Paris lui décerna la médaille d'or.



En 1935, après 10 ans de recherches, l'artiste mit au point la "weissographie", procédé qui associait la gravure à la litho-zincographie et qui permettait la reproduction de ses œuvres. Une matière grasse, de la composition de l'artiste et qui avait la consistance de la peinture à l'huile et de l'aquarelle, était appliquée sur une feuille de gélatine, à la brosse ou au pinceau, selon le sujet choisi.

Cette feuille était ensuite appliquée sur du papier pour avoir un monotype ou reportée sur une plaque de zinc ou de pierre. Grâce à l'action de l'acide, on obtenait un cliché permettant la reproduction. Un essai de commercialisation, par l'intermédiaire des Etablissements Lieb et Weiss, ne devait toutefois pas aboutir. Le procédé de la weissographie ne fut ainsi vraiment exploité que par son inventeur.

Au cours de sa carrière, trop brutalement interrompue, l'artiste avait su montrer de multiples facettes de son talent. Influencé par le peintre Carrière, il réalisa d'admirables compositions et des portraits, empreints de vérité et de sensibilité. Il brossa ainsi les portraits de membres de sa famille mais aussi de ceux d'amis et connaissances : le juge Doll, le sculpteur Hetzel, le docteur Kessler, André Maurois, Jean-Paul Quint, Philippe Steinmetz, Gustave Stoskopf, Claude Vigée. Personnages féminins aussi avec la Femme de quarante ans ou La cartomancienne.

Paul Weiss


Mais il y eut aussi et surtout le Paul Weiss paysagiste, puisant son inspiration dans le ried de Bischwiller et des environs. Il réalisa ainsi des paysages d'hiver, des sous-bois mystérieux, des paysages de marécages et de prairies soutenus par un graphisme hardi et aux demi-teintes nuancées. Ne l'appelait-on pas le Corot du Ried ?

Signalons également ses quatorze chemins de croix et un grand tableau de Saint Vincent de Paul pour l'orphelinat de Bischwiller, ses bouquets de chrysanthèmes et de glaïeuls.

Il s'essaya aussi au pointillisme et à l'abstraction. Paul Weiss décéda à Bischwiller le 5 décembre 1961, terrassé par une crise cardiaque.