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Philippe Steinmetz

Philippe Steinmetz (1900 - 1987)

Philippe Steinmetz Né à Landau dans le Palatinat, en 1900, Philippe Steinmetz manifesta très tôt un vif intérêt pour le dessin. Avec l'accord de ses parents, il décida d'en faire son métier et de s'engager dans la carrière de l'enseignement. Après ses études au collège de Bischwiller, puis au lycée Kléber de Strasbourg, il fut incorporé dans l'armée allemande jusqu'à la fin de la Première Guerre mondiale.

Il débuta sa formation à l'Ecole des Arts Décoratifs de Strasbourg, sous la direction des peintres Emile Schneider, Schoten, Cammissar et Daubner et obtint le titre de "Professeur de dessin de degré supérieur" en 1922.

Il fit ensuite un séjour de 2 ans à Paris avec son ami Paul Weiss, suivit quelques cours à l'Académie Julian, mais se consacra davantage à la visite des musées de la capitale, attiré par les œuvres des maîtres impressionnistes.

Cette étape parisienne fut sans doute déterminante pour la carrière de l'artiste. Membre de la société des artistes français, Philippe Steinmetz présenta ses premières œuvres au Grand Palais et au Salon des Indépendants. Commença alors pour lui sa carrière professionnelle qui le mena successivement à Dunkerque, Lille et Nancy, avant son retour en Alsace en 1945.

Philippe Steinmetz
Chacune de ses étapes marqua profondément son cheminement artistique.

A Dunkerque, les paysages portuaires, les Flandres, les dunes, la mer, la lumière du Nord et la finesse des couleurs furent essentiellement la source de son inspiration.

A la manière des grands maîtres Seurat, Signac et surtout Le Sidaner, il chercha, par une peinture pointilliste, à traduire les vibrations de l'air et de la lumière. Membre de la société des Artistes Dunkerquois, il continua d'exposer à Paris où il fut remarqué par le critique d'art Thiébaut Sisson.


oeuvre de Philippe Steinmetz A partir de 1931, il enseigna au collège Faidherbe de Lille et fut particulièrement impressionné par le grand peintre belge James Ensor et ses scènes de rue, ses masques, la richesse de ses couleurs. L'atmosphère des cités ouvrières, la grisaille des villes du Nord, les scènes et défilés carnavalesques furent alors ses principaux sujets. Sa peinture devint plus franche, plus vive, plus contrastée.

Il publia également quelques articles dans la "Revue d'Art, d'Education et d'Enseignement". Soucieux de renouer des liens avec l'Alsace de son enfance, il adhéra à la Société des Artistes Indépendants d'Alsace (AIDA) et participa à une exposition à la Maison d'Art Alsacien à Strasbourg. En 1927, il épousa Elsa Baumer, fille du marqueteur et historien bischwillérois Henri Baumer. En 1934, faute de poste vacant en Alsace, Philippe Steinmetz poursuivit sa carrière au lycée Poincaré de Nancy. La cité lorraine lui inspira une peinture plus douce, plus ouverte, plus optimiste, avec, comme thèmes, des natures mortes, des intérieurs, des fêtes bourgeoises, des nus, des paysages de rivières, à la manière de l'impressionniste Marquet.

En 1937, il fut décoré des Palmes académiques. Plus proche de l'Alsace, il passait alors une grande part de ses vacances à Neuwiller avec ses amis artistes alsaciens, Weiss, Gachot, Werlé, Krebs… Mobilisé en 1940, il dut attendre la fin de la guerre pour obtenir enfin sa mutation à Strasbourg où il exerça d'abord au lycée Kléber puis au lycée Fustel de Coulanges, jusqu'à sa retraite en 1966. En 1945, il fut promu Officier des Palmes Académiques.

oeuvre de Philippe Steinmetz

Durant cette dernière période de son cheminement artistique, il redécouvrit les rieds, les bras morts du Rhin, les saules noueux et les barques dans les roseaux. Sa touche, au départ nerveuse et gestuelle, plus proche du graphisme, devint plus sereine, plus large et plus claire. Il qualifia lui-même sa peinture d'impressionnisme constructif à la manière de Cézanne.

 oeuvre de Philippe Steinmetz Installé à Bischwiller, Philippe Steinmetz s'entoura d'un groupe de jeunes peintres auxquels il permit, par ses conseils et son amitié, de trouver leur style propre et de poursuivre la voie qu'il leur avait tracée. Individuellement ou avec son groupe (Charles Gunther, Martin Gunther, Roland Jacob, Etienne Schmidt, Pierre Clauss) il organisa de nombreuses expositions à Bischwiller, Haguenau, Strasbourg, Landau, Bergzabern, Kandel. Membre de l'Académie d'Alsace en 1970, il publia un livre en 1975, "Das Kunstwerk", édité dans le Palatinat par le "Heinrich von Zügel Verein" dont il devint président d'honneur.

Par-delà ses fonctions d'enseignant, Philippe Steinmetz fut avant tout un grand pédagogue et un peintre de talent. Ses nombreux échanges culturels avec le Palatinat l'amenèrent à faire la connaissance de l'artiste peintre bien connue à Landau, Maria STRIEFFLER, et lui permirent d'enseigner son art aux jeunes artistes amateurs allemands. C'est à Landau qu'il s'éteignit le 10 mai 1987, à l'âge de 86 ans. Il est inhumé au cimetière de Bischwiller. La maison Steinmetz, acquise par la Ville de Bischwiller, devenue Maison des Arts, expose de façon permanente plusieurs dizaines d'œuvres de Philippe Steinmetz dont le dépôt important de son ami et collectionneur Helmo Ludowici.