Commémoration du 8 mai 1945

du vendredi 08 mai 2020

Compte-tenu de la situation exceptionnelle liée à l’état d’urgence sanitaire et aux mesures de confinement, la cérémonie de commémoration du 8 mai 1945 a été célébrée sans public. Une gerbe a été déposée devant le Monument aux Morts, square Charles-de-Gaulle.

8 mai 1945 enfin ! Fin d’une guerre qui avait fait se confronter l’humanité à ce  que l’on peut trouver de plus misérable dans l’esprit humain.  La négation de l’autre, la volonté de domination, l’aliénation sous toutes ses formes, l’humiliation, la torture, les camps de concentration et camps de la mort. Rien ne peut justifier cela. Période noire de notre histoire, celle de la France, celle de l’Europe.  Cependant une période qui justement à cause de cette adversité, de ce qui est  inexplicable, est une période qui redonne foi en l’Homme grâce à des femmes et  des hommes qui se sont levés, qui se sont engagés, conscients des risques qu’ils prenaient. Engagés dans les armées libératrices alliées et Forces Françaises Libres, ils ont sacrifié leur jeunesse, impliqués dans la résistance ils savaient qu’en cas d’arrestation il n’y aurait pas de salut, ils ont pris ce risque. Prêt à tout donner, leur vie familiale, leur existence pour combattre le mal, parce qu’ils ont gardé la foi en l’homme, ils ont cru qu’un monde meilleur pouvait naître de la victoire, que ce qu’ils vivaient tous les jours dans leur ville, village n’avait pas de sens, qu’au bout de leur combat il y avait l’espoir, espoir de la victoire mais aussi celui de construire un monde meilleur. Un monde de liberté, un monde de fraternité. L’histoire nous prouve qu’ils avaient raison.

Qu’avons nous appris de ce temps de guerre ? C’est tout d’abord que les hommes sont capables du pire, ce pire qui engendre souffrance, humiliation, horreur, angoisse. Mais ces périodes difficiles, inimaginables permettent aussi de révéler la grandeur de ceux qui luttent contre la barbarie. Quel courage était le leur, ils savaient les risques qu’ils prenaient.

Depuis le commencement, l’humanité a connu des temps de guerre, de fléaux qui décimaient les peuples. Fléaux qui se nomment guerre, famine, peste, choléra, typhus, grippe ; aujourd’hui Covid 19.

Aujourd’hui nous vivons un moment de désarroi qui remet en cause nos modèles de société, qui nous interroge sur nos valeurs et où doivent être nos priorités. Nous avions naïvement cru que notre société technologique et scientiste nous préservait de tous les maux. C’est là qu’un mal originaire d’une lointaine province chinoise nous place face à la fragilité du genre humain, sème le doute, remet en cause nos modes de vies et notre organisation sociale et économique.

Et pourtant le temps présent, aussi troublé soit-il, est source d’espoir.

Temps d’interrogation sur les valeurs qui forgent notre vie commune en société, la fraternité, l’égalité, la liberté. Les faiblesses passées, l’individualisme, la course au profit et au consumérisme, les égoïsmes, seront remises en cause et avec elles nos modèles de société.

Temps de solidarité, qui se manifeste par autant de geste de reconnaissance de l’autre, par des dons, des repas partagés, une entraide entre voisins, une assistance aux personnes les plus fragiles de notre entourage ; une prise de conscience nouvelle de nos responsabilités et de la force de notre engagement.

Temps du courage. A l’exemple de ces résistants de la deuxième guerre mondiale, de ces combattants de l’innommable,  des hommes et des femmes n’ont pas failli. Ils ont montré leur courage et leur détermination à se battre contre l’épidémie.

Ce 8 mai nous donne l’occasion d’exprimer notre reconnaissance à l’engagement de tous ceux qui ont accueilli dans les services médicaux, aux agents de service, aides-soignants, infirmières, médecins, employés administratifs et qui ont su maintenir l’espoir.

Remerciements à tous ceux, associations, entreprises, individus qui ont donné leur temps, et des ressources par solidarité envers les soignants mais aussi les plus fragiles en fabriquant des masques, en livrant des repas, en mettant à disposition des masques, du gel, des gants.

Remerciements aux volontaires de l’Education Nationale et de la Ville qui ont accueilli les enfants des soignants.

Remerciements aux personnels des administrations publiques, communales, intercommunales, départementales, régionales et d’Etat pour avoir su maintenir et adapter les services aux exigences de la crise.

Remerciements aux forces de l’ordre et de secours motivées par le seul but de protéger les habitants de notre ville.

Merci à vous tous qui avez tout mis en œuvre pour entraver la propagation du virus et de la maladie.

Nous nous sommes retrouvés autour des mêmes valeurs, celle de la conscience de l’autre, de la solidarité, du courage et de l’abnégation.

Nous vivons une période difficile, mais gardons confiance, l’espoir naît de notre engagement commun.

Souvenons-nous pour progresser vers un monde meilleur !

Bien à vous.

Jean-Lucien Netzer
Maire de Bischwiller